Maroc 2030, vers 52 % d’énergies renouvelables
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Le Maroc, sous les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’est engagé dès 2009 dans une transformation énergétique de grande envergure, axée sur le développement des énergies renouvelables. Ce tournant s’est opéré dans un contexte mondial où la nécessité de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de diversifier les ressources énergétiques est devenue prioritaire. Pour le Royaume, la dépendance importante aux hydrocarbures importés et la volatilité des marchés internationaux ont été des facteurs déterminants dans la mise en place de cette nouvelle vision. Dès le départ, le solaire, l’éolien et l’hydraulique se sont imposés comme des solutions clés pour assurer la sécurité énergétique et initier une croissance plus durable. Soutenue par un cadre réglementaire modernisé, cette volonté s’est traduite par un objectif de 52 % de capacités renouvelables installées à l’horizon 2030.
1. Une progression rapide vers l’objectif
Le Maroc avance rapidement dans la réalisation de ses objectifs en matière d’énergies renouvelables. D’après le rapport annuel de 2023 de l’ANRE (Autorité Nationale de Régulation de l'Électricité), la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique atteint déjà 40,4% de la capacité totale installée en exploitation, Cette croissance est principalement due à la mise en service de deux projets éoliens majeurs : le projet AFTISSAT 2, avec une capacité de 200 MW, développé en vertu de la loi n°13.09, et le projet BOUJDOUR avec une capacité de 318 MW.
Selon le Ministre de la Transition Energétique et du Développement Durable, le taux des énergies renouvelables dans la capacité installée poursuit sa progression pour atteindre 45,30 % de la puissance totale connectée au réseau électrique national en 2024, dont 2 433 MW issus de l’éolien, 885,20 MW du solaire et 2 120 MW de l’hydroélectrique. Cette répartition confirme la montée en puissance des technologies vertes, permettant au Maroc de consolider sa souveraineté énergétique.
2. Les bénéfices concrets
Les avantages de cette transition énergétique se constatent d’abord sur le plan économique. Selon le ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, la croissance des énergies renouvelables a conduit à la génération de nouveaux postes, aussi bien dans le domaine de la production et de la mise en place de panneaux solaires et d'éoliennes, que dans les services d'ingénierie et de maintenance. Sur le terrain, plus de 111 projets d’énergies renouvelables ont été réalisés ou sont en cours de développement. Ces actions renforcent la compétitivité industrielle et attirent un nombre croissant d'investissements privés. Parallèlement, cette transition énergétique est aussi bénéfique à l’environnement. Grâce à l’augmentation de la part des énergies vertes le Maroc réduit sa dépendance envers les énergies fossiles importées, passée de 97,5 % en 2009 à environ 90,5 % en 2021 ,
3. Les défis à relever
Malgré des avancées remarquables dans les énergies renouvelables, le Maroc doit encore consolider sa transition et relever plusieurs défis.
- Défis techniques : le principal enjeu réside dans l’intermittence du solaire et de l’éolien, entraînant un besoin urgent en solutions de stockage pour stabiliser l’offre d’électricité, notamment via l’exploitation de l’hydrogène vert. Cela requiert également de stimuler la recherche et le développement de technologies de stockage fiables et économiques.
-Cadre réglementaire et partenariats : des freins administratifs et réglementaires subsistent, obligeant l’État à renforcer la clarification des procédures d’octroi de permis et de raccordement, tout en simplifiant la tarification et le cadre contractuel pour les investisseurs. Le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable doit ainsi poursuivre la modernisation de la législation et garantir la sécurité juridique des projets.
-Aspects financiers et industriels : de grands investissements demeurent indispensables pour moderniser le réseau et intégrer de nouveaux projets. Parallèlement, le développement d’une filière industrielle locale, couvrant notamment la fabrication de composants et l’entretien des installations, s’avère tout aussi essentiel pour soutenir la transition énergétique du Maroc.
-Ressources humaines et formation : l’essor des énergies renouvelables mobilise d’importants besoins en main‑d’œuvre qualifiée pour concevoir, gérer et entretenir ces infrastructures. Le succès de la stratégie énergétique dépend donc autant de la formation que de l’innovation, contribuant à l’émergence d’emplois durables et au renforcement du rôle du Maroc en tant que pôle régional de la transition énergétique.
Le Maroc démontre qu’en misant sur un développement massif des énergies renouvelables, il est possible de renforcer sa sécurité énergétique, de protéger l’environnement et de créer de la valeur économique. En visant 52 % du mix électrique en 2030, le pays confirme son ambition nationale de croissance verte. Bien sûr, cela nécessite un engagement durable : le renforcement du cadre législatif, l’éducation et la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, la poursuite des investissements publics et privés et la modernisation des réseaux pour mieux gérer l’intermittence et le stockage.

